dimanche 22 juillet 2012

UQAR: L'échec des fonctionnaires du développement territorial


La Commission de la représentation électorale (CRE) fixe les limites des circonscriptions d'abord en fonction du nombre d'électeurs. Cela tombe mal pour plusieurs municipalités rurales de l'Est du Québec qui combinent tous les types de déclins démographiques imaginables: la ruralité face aux villes centres, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie comparativement au reste du Québec, le Québec à l'intérieur du Canada et la civilisation occidentale dans le monde.

De 10 élus sur 91 à l'Assemblée législative en 1944, l'Est du Québec est passé à huit sur 125 présentement à l'Assemblée nationale et le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) prévoit nous en enlever deux autres. La tendance est à la baisse, absolue ou relative, peu importe le scénario retenu. Le même phénomène s'observe au fédéral.

Ici, comme ailleurs sur le globe, une immigration de masse remplace les populations euro-descendantes vieillissantes. On comprend que les trois circonscriptions créées autour de Montréal ne seront jamais aussi francophones que celles appelées à disparaître: Lotbinière, Kamouraska-Témiscouata et Matane.

Défendre le poids politique de sa région est normal, attendu et entendu. Ma réflexion emprunte une autre direction. Après des années de statu quo, le moment de vérité est arrivé et le couperet du DGEQ est tombé. Les fonctionnaires qui pratiquent les «métiers du développement territorial», notamment l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) qui en fait un «axe d'excellence», doivent se regarder en face, questionner jusqu'à leur existence. Est-ce que le territoire dans son ensemble se porte mieux depuis leur apparition dans les années 1960 et 1970? Quels emplois assurent-ils à part les leurs à Rimouski? Cette pléthore de technocrates n'ayant su infléchir la courbe démographique et éviter la catastrophe, la réponse risque d'être dérangeante. Chaque refonte de la carte électorale est pour eux un nouveau constat d'échec.

Une première version de ce billet parue dans Le Bas St-Laurent, Rimouski, 12 octobre 2011, p. 6.

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