jeudi 1 mai 2014

Nouvelle chronique pour servir la diversité d'opinion dans Matane-Matapédia

«Le congé Pascal», chronique no 1

Événement déclencheur: la campagne électorale ratée de 2014

L'opinion publique dans nos démocraties occidentales souhaite que le processus électoral n'incombe pas au seul parti au pouvoir. Après s'y être engagé lors de la campagne de 2012, le gouvernement du Parti québécois fit adopter à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 14 juin 2013 une loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe. Le journaliste Guy Gendron écrit:

L'adoption de règles claires sur la date des scrutins, tous les quatre ans, visait donc à soustraire aux considérations partisanes le moment de déclencher une élection. Ainsi, le gouvernement en place n'allait plus dissoudre l'Assemblée nationale selon «les petits calculs, les petites stratégies, les petites rumeurs» et Pauline Marois acceptait de donner l'exemple(1).

En appelant aux urnes les électeurs moins de neuf mois plus tard, la Première ministre, malgré tous les prétextes avancés, «va clairement à l'encontre de l'esprit de cette loi-là», assure le politologue André Blais(2). Qu'à cela ne tienne, madame Marois juge le moment enfin arrivé d'obtenir sa majorité en Chambre. On peut comprendre combien l'opposition se fit bousculer, particulièrement chez nous où le Parti québécois règne sans alternance depuis 1994. Les libéraux étaient sous le choc du décès subit de l'ex-députée Nancy Charest. Le manque d'adversaire dans Matane-Matapédia a monopolisé l'attention durant les deux premières semaines d'une campagne de 33 jours. Après avoir hâté le scrutin par opportunisme, Pascal Bérubé ne peut qu'alimenter le cynisme en «déplorant» que le désoeuvrement du camp adverse ne facilite pas l'expression de la démocratie. «J'y suis pour rien!(3)»

Le désoeuvrement du camp adverse amène Pascal Bérubé à verser une larme... de crocodile!
Photo: Wikimedia Commons
Parce qu'il faut réagir...


L'offre électorale est plus faible en région éloignée. Or, la sagesse élémentaire nous enseigne qu'il n'est point judicieux de «mettre tous ses oeufs dans le même panier»: faire porter les attentes de 45 municipalités sur un seul homme, en prenant le risque de tout perdre d'un coup. Passons sur le malaise ressenti en février dernier par le député-touriste dû, soi-disant, au surmenage et attardons-nous à l'autre «corps du roi», à savoir l'investissement d'une communauté toute entière dans l'impuissance politique. «Si plusieurs de ses collègues se sont exprimés sur les causes possibles de la défaite péquiste, il ne faut pas compter sur le député de Matane-Matapédia pour joindre sa voix au concert», put-on lire dans l'hebdomadaire local le 16 avril 2014.

Nous sommes au XXIe siècle. Il faut rétablir, puis soutenir, la diversité d'opinions qui s'est évanouie dans Matane-Matapédia. Pour ce faire, je tiendrai (à date fixe?) sur mon blogue une chronique alternative intitulée: «Le congé Pascal».

Chronique parue dans L'Information de Mont-Joli le 7 mai 2014 à la page 6.

Références
(1) Guy Gendron, «Quand le PQ promettait des élections à date fixe», ICI. Radio-Canada, 4 mars 2014 [En ligne] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/656236/elections-date-fixe-loi-parti-quebecois-bernard-drainville-verification-faits (Page consultée le 24 mars 2017).
(2) Ibid.
(3) «Pascal Bérubé: toujours sans adversaire», Tourismeexpress, 12 mars 2014 [En ligne]http://tourismexpress.com/nouvelles/pascal-berube-toujours-sans-adversaire (Page consultée le 24 mars 2017).